Le Mont Sainte-Odile fête 80 ans d’adoration perpétuelle

Publié le par renouveau.bm

 

Pour Marie-Louise Vermosen et Marie-Madeleine Warth, un face-à-face silencieux avec Dieu, devant le Saint-Sacrement, de minuit à deux heures du matin.

Pour Marie-Louise Vermosen et Marie-Madeleine Warth, un face-à-face silencieux avec Dieu, devant le Saint-Sacrement, de minuit à deux heures du matin.

Le 5 juillet 1931, l’adoration perpétuelle était instituée au Mont Sainte-Odile. Huit décennies plus tard, cet acte de dévotion catholique continue de mobiliser tous les ans des centaines de croyants alsaciens.

 

Chaque année, 1,3 million de visiteurs se rendent au Mont Sainte-Odile. Pèlerins ou touristes, ils viennent y découvrir un haut-lieu de spiritualité dédié à la patronne de l’Alsace, dominant la plaine à 763 mètres d’altitude.

En ce début d’été, nombreux sont les marcheurs ou les cyclistes à y faire une halte pour se désaltérer ou admirer le panorama. Sans forcément se douter qu’à quelques mètres d’eux, dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption, des hommes et des femmes prient. Sans cesse. De jour comme de nuit. Assis dans le chœur de l’édifice, la plupart du temps à deux, dans un face-à-face silencieux avec Dieu. Ils sont en adoration. Non pas devant les reliques de sainte Odile. Mais devant le Saint-Sacrement, cette hostie consacrée qui a été placée dans un ostensoir, juste derrière l’autel.

Depuis 80 ans, des milliers d’hommes et de femmes – même si ces dernières ne sont adoratrices que depuis une vingtaine ou une trentaine d’années – se relaient tous les huit jours au Mont Sainte-Odile, pour assurer « l’adoration perpétuelle du Très Saint-Sacrement ». De lundi en lundi, des groupes d’environ 30 adorateurs originaires de différents cantons d’Alsace perpétuent ainsi un mouvement institué le 5 juillet 1931. 14 paroissiens de Schiltigheim ayant constitué le premier groupe.

Pendant une semaine, leurs journées sont rythmées par les offices religieux célébrés par les pères Patrick Koehler et Jauffrey Walter, respectivement recteur et chapelain du sanctuaire. Les adorateurs assistent aussi à des conférences, et se retrouvent ensemble aux repas ou lors de moments de détente, dans l’aile du couvent qui leur est réservée. Parfois, pendant que certains se reposent, d’autres se retirent dans la forêt, pour méditer ou simplement profiter d’une marche au grand air.

L’adoration perpétuelle s’effectue toutes les heures le jour, et toutes les deux heures la nuit.

Du 27 juin au 4 juillet derniers, 30 adorateurs du groupe de Schiltigheim se sont ainsi relayés, 24 h/24.

Il est 23 h 50, le jeudi soir, lorsque Marie-Madeleine Warth, 68 ans, et Marie-Louise Vermosen, 65 ans, prennent le relais de deux autres dames. L’église est plongée dans une semi-obscurité. Seul le fond du chœur, où sont assises les deux adoratrices et où est placé l’ostensoir doré, est illuminé. Munies de leur chapelet et de livrets, elles récitent tour à tour des prières chrétiennes et des litanies des saints, lisent des textes bibliques, entonnent des cantiques en français ou en allemand… Puis à 0 h 30, le silence envahit l’église du couvent. Pendant près d’un quart d’heure, les deux femmes se laissent aller à la méditation. Puis les prières – pour le pape, à sainte Rita, etc. –, les lectures et les chants reprennent. Jusqu’à 2 h du matin, horaire auquel un duo masculin vient prendre leur place.

« Cela s’est plutôt bien passé, nous ne sommes pas trop fatiguées ! », lance Marie-Madeleine. On avait déjà des heures plus difficiles, de 2 h à 4 h… ». « Le sommeil viendra quand on sera couchées », poursuit Marie-Louise avant de rejoindre leur chambre. Et la nuit sera courte, car le vendredi, dès 8 h 30, les deux adoratrices débuteront une nouvelle journée avec l’office des laudes (prière du matin).

Marie-Madeleine est la responsable du groupe des adorateurs de Schiltigheim depuis 2003. La moyenne d’âge est de 69 ans pour cette équipe qui compte 8 hommes et 22 femmes. Mais l’ensemble des adorateurs ne reste pas toute la semaine sur place. Pour des raisons logistiques, « deux jours, c’est le minimum », précise-t-elle.

Cette secrétaire commerciale à la retraite, pleine d’entrain, participe à cette semaine d’adoration perpétuelle depuis les années 1990. L’occasion pour elle de se « ressourcer. Et en même temps, j’aime aider les autres ». Ce qu’elle regrette néanmoins, c’est la difficulté à « recruter » de nouveaux adorateurs, « car on ne parle pas trop du Mont Sainte-Odile », estime-t-elle. Alors, « pour faire de la pub », elle envoie des cartes postales du site à des hommes et à des femmes qu’elle côtoie dans sa paroisse. Et qui pourraient peut-être, un jour, s’inscrire dans la longue lignée des adorateurs perpétuels du Mont Sainte-Odile…

Textes et photos : Aurélie Feix

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